Bollingen : le lieu où Jung est revenu à lui-même

En 1922, Carl Jung achète un terrain au bord du lac de Zurich, à Bollingen.
Il vient de perdre sa mère.
Il traverse une période sombre.

Il aurait pu voyager. S’étourdir. Travailler davantage. Il fait autre chose.
Il commence à construire une maison en pierre de ses propres mains. Une tour qui prend 12 ans 
Ce n’est pas une construction d’un seul été.
Sur douze ans, Jung ajoute progressivement trois bâtiments autour de la structure centrale.

Chaque pièce est pensée. Chaque ajout correspond à quelque chose qui a mûri en lui.
La tour de Bollingen devient pour lui un symbole concret du processus d’individuation — ce chemin vers soi-même qu’il considère comme le travail d’une vie entière.
Les trois bâtiments latéraux sont conçus pour représenter sa conception de la psyché.

La tour n’est pas une maison de vacances.
C’est une carte intérieure construite en pierre. Ce qu’il y faisait – ce qu’il n’y faisait pas

À Bollingen : pas d’électricité. Pas de téléphone.

Il cuisinait sur le feu. Il taillait la pierre. Il jardinait.

À Küsnacht, il était le Dr Jung.
Le psychiatre mondialement reconnu. L’auteur. Le conférencier.

Ses deux maisons fonctionnaient comme les métaphores des deux aspects de sa personnalité : la première extravertie, socialisée, ordonnée à la réussite professionnelle. La seconde plus secrète, tournée vers les intuitions et l’écoute de l’inconscient, solitaire et fortement reliée à la nature.

Ce n’était pas une fuite.
C’était un retour.

Ce que le silence révèle

À Bollingen, Jung n’allait pas se reposer au sens où on l’entend.

Il allait se confronter.

Il écrit depuis Bollingen, vers la fin de sa vie :
« Je me regarde moi-même, dans le silence de Bollingen, avec bientôt huit décennies d’expérience de la vie, et je suis obligé d’avouer que je n’ai pas trouvé de réponse claire à la question que je suis. Je suis et je reste dans le doute sur moi-même, et cela d’autant plus que j’ai davantage essayé d’exprimer des choses précises. Tout se passe comme si, ce faisant, on s’éloignait encore plus de la connaissance de soi-même ! »(Correspondance, t.III, p.233)

Voilà ce que le silence fait.

Il ne répond pas.
Il pose les vraies questions.

Celles qu’on n’entend pas le reste de l’année — parce qu’on les couvre.
Avec le bruit. L’activité. L’utilité permanente.

Ce qu’on fait à la place

On part en vacances avec notre téléphone.
On vérifie les mails « juste une fois le matin ».
On reste joignables « au cas où ».
On remplit le vide avec des activités, des visites, des restaurants.

On a peur du vide.

Et pourtant — Jung l’écrit clairement : « Tout ce qui ne remonte pas en conscience revient sous forme de destin. »

Ce qu’on n’a pas regardé cet été…
on le retrouve en septembre.
Sous une autre forme.

Une irritabilité sans raison. Une fatigue qui ne passe pas. Une décision qu’on n’arrive pas à prendre.

Le non-regardé ne disparaît pas.
Il attend.

Ce que la tour nous apprend

Jung n’ajoutait pas une pièce chaque année parce qu’il manquait de place.

Il ajoutait une pièce parce que quelque chose en lui avait grandi.
Et cherchait une forme.

La tour suivait son intérieur.

C’est peut-être ça, la vraie question de l’été.

Pas : comment occuper ce temps ?

Mais : qu’est-ce qui a grandi en moi cette année — et que je n’ai pas encore laissé prendre forme ?

Jung avait une réponse à ça : « La croissance de la personnalité se fait à partir de l’inconscient. »

Pas de la volonté.
Pas de l’effort.
De ce qui remonte — quand on lui en laisse la place.

Jung nous invite à créer un espace où ce qui cherche à émerger peut enfin être entendu. Mais entrevoir ce qui remonte à la conscience n’est pas toujours confortable. C’est là que l’EFT peut devenir une alliée précieuse : elle nous aide à accueillir ce qui se présente sans nous laisser submerger, à apaiser les tensions qui nous éloignent de nous-mêmes et à faire de la place à ce qui demande simplement à être reconnu. Je vous propose maintenant un temps d’exploration tout en douceur.

Pratiquons ensemble

Qu’est-ce qui vous semble « trop » en ce moment ?

Une « to-do » liste qui ne finit jamais ?
Des semaines qui filent à toute vitesse ?
Des journées remplies du matin au soir ?
Une boîte mail débordante ?
Des responsabilités qui s’accumulent ?
L’impression de toujours courir après le temps ?

Et si, au lieu d’attendre les prochaines vacances pour souffler, vous vous offriez un peu d’espace dès aujourd’hui ?

Comment pourriez-vous regarder votre agenda avec plus de légèreté ?

Et si votre journée n’était pas une montagne à gravir, mais une succession de moments à vivre ?

Comment serait votre journée si vous étiez davantage présent·e à ce que vous faites ?

Lorsque vous buvez votre café.
Lorsque vous écrivez un message.
Lorsque vous écoutez un·e collègue.
Lorsque vous marchez d’un rendez-vous à l’autre.
Lorsque vous prenez quelques respirations entre deux tâches.

La journée est remplie, peut-être. C’est un fait.

Mais remplie ne veut pas forcément dire lourde.

Et si vous abordiez votre journée comme un terrain de jeu d’expériences, de rencontres, d’apprentissages et de petits moments de présence ?

En tapotant la ronde entière ou simplifiée, choisissez ce qui vous parle le plus ou inventez vos rondes : 

« Aujourd’hui, je choisis de lâcher mes anciennes façons de voir ma journée :

  • comme un mur à escalader ;
  • comme une course contre la montre ;
  • comme une liste interminable de tâches à accomplir ;
  • comme quelque chose à « survivre » avant enfin de pouvoir me reposer.
  • etc. »

« Aujourd’hui, je m’ouvre à une autre possibilité :

  • voir ma journée comme remplie de sens ;
  • comme une succession d’instants où je peux être présent·e ;
  • comme une invitation à ralentir intérieurement, même lorsque l’extérieur va vite ;
  • comme une occasion de savourer ce qui est déjà là ;
  • comme un espace où je suis suffisant·e, ici et maintenant.
  • etc. »

Et si aujourd’hui, vous n’aviez rien à ajouter à votre journée, mais simplement une autre façon de la regarder ?

Et si votre tour était en vous ?